Philippe Marlats

Mon travail est issu d’un long processus de sédimentation issue de rencontres artistiques de proches et de maîtres qui me permet aujourd’hui un lâcher-prise et de faire place au hasard du geste et de la couleur appliquée brute au sortir du tube ou mélangé directement sur le support.

 

Quand on s’intéresse au développement du dessin chez l’enfant, on est frappé de constater combien la lutte contre le hasard est fondamentale chez celui-ci. Certes, il y a le stade du réalisme fortuit qui s’empare du hasard pour aboutir à des formes mais c’est un peu comme si l’homme n’avait de cesse de combattre cette force du hasard en lui, déviante, perturbante, dans l’organisation du visible. En revanche, l’histoire de l’art pourrait montrer que le hasard s’est emparé vivement de la scène artistique depuis le XXe siècle. Il m’a a fallu des années pour apprendre puis moins de temps pour désapprendre et maîtriser l’indomptable, être « contemporain » …ou tout simplement, moi-même.

Dès mon plus jeune âge, je suis des cours de dessin et de peinture. Enfant, je bénéficie des enseignements de la méthode Martenot où je découvre diverses techniques : la peinture à l’huile, le fusain, l’encre de Chine et m'initie au paysage; puis, je fréquente l'école des Beaux-Arts d’Orléans. En 2000, je suis pendant 10 ans un cours de dessin académique à la Société des Arts de Talence Aquitaine, sous la direction, notamment, de Alain PAOLI, ancien professeur à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, Grand Prix de la Casa Velasquez. Je m’initie au modèle vivant que je continue de pratiquer.

 

Je fais connaissance, très jeune, de deux artistes, Jean-Paul Ferron, peintre aquarelliste inspiré par les lumières et les cieux de Loire, et Frère Laurent Knaff, moine bénédictin à Saint Benoît sur Loire, peintre, inspiré par ZAO-WOU-KI dont il fait la connaissance. Ils m'encouragent et me conseillent dans ma pratique.

J'obtiens un baccalauréat Lettres et Arts Plastiques ; je suis présenté au Concours Général d’Arts Plastiques par mon professeur au lycée, Jean Beauchard, peintre, graphiste et écrivain.

 

Parisien pendant quelques années, je multiplie les visites d’expositions, les lectures de livres d’art, de sites internet artistiques : je constitue mon imagier.

 

Sédimentation donc, faite de rencontres puis un jour de 2011 la rupture avec une approche classique figurative pour un passage à l’acte expressionniste influencé par Baselitz, Matisse, Joan Mitchell, Kline, Sam Francis, …et la découverte de l’acrylique offrant toute opportunité pour une pratique fondée sur un juste équilibre entre maîtrise et impulsion. 

 

En 2011, j'engage la série “La Chute de l’Homme” à partir du choc/révélation d’une image de magazine et travaille sur le nu féminin.  

La Chute de l’Homme m’accompagne dans une interrogation essentielle et universelle : quel est la place de l’homme, quelle est notre place, dans cette vie, dans cet univers, le rapport de chacun à sa finitude et au Mal ? En contrepoids à la recherche d’un juste équilibre dans ce rapport à l’autre et à soi, le nu féminin me relie, nous relie, à la Nature bienfaitrice, source de désir.

 

En conclusion, mon travail est à partager avec le « regardeur » qui est acteur de l’œuvre placée sous ses yeux et l’invite également à réfléchir, à méditer sur son propre rapport à l’existence et à la Nature. Humanisme.